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La fédération des Conseils de Parents d’Elèves des Ecoles publiques (FCPE) invitait hier soir au lycée Emile Zola, à Rennes, les candidat(e)s aux législatives à venir discuter avec eux de leurs 12 exigences pour l’école. En présence de Jean-Jacques Hazan, le porte-parole national, mon directeur de campagne, Gael Briand, est intervenu en mon nom pendant que j’assistais à une réunion publique sur le logement organisée par le DAL à quelques centaines de mètres.

 

Voici ce que Gael a dit en substance:

 

L’UDB est un parti de gauche, écologiste et autonomiste. Le mot « autonomiste » est important car à l’heure où les parents souhaitent plus d' »autonomie » pour leurs enfants, où l’on souhaite que les personnes âgées puissent vivre de façon « autonome », accorder un tel statut aux territoires fait parfois bondir. Et pourtant, il s’agit du même principe de responsabilité.

 

L’UDB estime que l’école est représentative de la République française à savoir « Une et indivisible » (même si entre la théorie et la pratique, il y a un gouffre). De même qu’elle souhaite réformer la République, la vision de l’école que porte l’UDB est plus diverse. L’UDB milite pour une école pour l’école pour tous, gratuite et laïque. Elle est néanmoins favorable à la liberté de choix en ce qui concerne la pédagogie.

 

Exigence 1: l’école maternelle.

 

L’UDB est favorable au droit à la scolarisation dès 3 ans des enfants. Plus généralement, elle est favorable à l’entrée à l’école des enfants dès qu’ils acquièrent une certaine autonomie. Durant 5 ans, le président Nicolas Sarkozy a fait comme si l’école maternelle se résumait à une garderie où l’on parquerait des moutons. Nous croyons, nous, que l’école est un lieu d’apprentissage, des savoirs et de la vie et ce, dès le plus jeune âge.

 

Exigence 2: Les rythmes.

 

Vaste débat que celui des rythmes qui revient de manière cyclique sur le tapis. Pour l’UDB, les élèves travaillent en effet trop durant une journée, avec un programme démentiel (au collège notamment) et il est nécessaire de revoir leur rythme. En primaire, mais surtout au collège où les heures sont tronçonnées et où la densité d’apprentissage est telle que les élèves ne prennent plus de plaisir à aller à l’école.

 

Augmenter le nombre de jours scolaires et donc réduire les vacances suppose cependant de se poser diverses questions allant de la revalorisation du salaire enseignant (nous y sommes favorables) à la prise en charge des enfants dont les parents travaillent. Il serait possible d’imaginer, au sein de l’établissement, des interventions extérieures de personnels non enseignants chargés d’ouvrir les élèves à des activités extra-scolaires comme le potager, le sport…

 

Exigence 3: le droit des enfants.

 

Gael n’a pas trop insisté sur cette exigence estimant que les Droits de l’Homme s’appliquait à tous, enfants compris. Et que pour qu’une classe fonctionne, il fallait un respect mutuel entre d’une part les élèves et l’enseignant, mais aussi entre les parents et les enseignants.

 

Exigence 4: l’orientation.

Il va sans dire qu’il est important pour l’élève de participer à sa propre orientation. Trop nombreux sont ceux qui font ce que leurs notes leur dictent de faire! Toutefois, il est difficile de demander à un élève de savoir rapidement ce qu’il entend faire « quand il sera grand ».

 

Améliorer l’orientation suppose aussi bien évidemment de revaloriser les filières technologiques. Là encore, entre la théorie et la pratique… quand un « bon » élève souhaite s’orienter en filière technologique, il n’est pas rare qu’il s’entende dire que c’est dommage. Pour l’UDB, il convient de pousser à l’excellence, chacun dans son domaine.

 

Exigence 5: handicap

 

« L’école pour tous » veut bien dire ce que cela veut dire. L’école doit donc être pensée en amont pour les enfants et professeurs à mobilité réduite, mais aussi pour les non-voyants, mal-entendants ou sourds… Cela suppose bien évidemment des enseignants formés et surtout des aides aussi bien pour les enseignants que pour les élèves handicapés.

 

En terme d’infrastructures, cela nécessite des budgets pour les collectivités territoriales qui gèrent les écoles (communes), collèges (départements) et lycées (Régions)

 

Exigence 6: la santé.

 

Le rapport sur la jeunesse que l’UDB Jeunes a sorti en septembre 2011 évoquait, comme la FCPE, le scandale de la non existence d’une médecine du travail dans le milieu enseignant. L’UDB est favorable, évidemment, à une visite médicale annuelle et entière gratuite tant pour les enfants que pour les enseignants. De même, elle entend se pencher sérieusement sur la carence en matière d’infirmier et infirmière scolaire.

 

Exigence 7: l’égalité.

 

A l’égalité, l’UDB préfère l’équité autrement dit donner plus à ceux qui ont moins. Cela s’appelle aussi la péréquation. Or, un récent article du Monde a démontré il y a peu que les dotations aux établissements faites par l’Etat n’étaient non seulement pas équivalentes, mais favorisaient les établissements qui réussissaient le mieux. Est-ce cela l’égalité française? Donner à ceux qui ont déjà?

 

De même, si officiellement les classes de niveaux n’existent pas, on sait pertinemment qu’elles sont une réalité dans nombre d’établissements. C’est un choix qui peut être discutable (même si nous préférerions que les élèves soient moteurs les uns envers les autres) à condition que les classes les plus défavorisées soient mieux loties en terme pédagogique. Pourquoi ne pas imaginer que deux enseignants puissent travailler ensemble dans une même classe?

 

Dernier élément, pour que l’enseignement soit possible partout, encore faut-il qu’il y ait des écoles partout, afin de garantir l’égalité d’accès à l’école. A Ploermel notamment, il n’existe pas de lycée public. Paul Molac, le candidat de la gauche rassemblée que l’UDB soutient, entend, s’il est élu, répondre à cette attente des habitants.

 

Exigence 8: la gratuité.

 

Oui. Que dire de plus? Comme le dit très bien Jean-Jacques Hazan, « l’école est gratuite, mais qu’est-ce qu’elle coûte cher aux parents! »

 

Exigence 9: la laïcité.

 

L’UDB est un parti laïc en ce sens qu’elle pense que politique et religion ne vont pas de pair et que la religion est une affaire privée. Le cas de la Bretagne est toutefois très particulier puisqu’il y a énormément d’écoles privées. L’UDB est favorable à la liberté pédagogique comme expliqué plus haut. Le choix des parents suppose aussi des conséquences financières qu’il n’est pas du devoir de l’Etat d’assumer.

 

Un point a également été soulevé par Gael sur ce domaine: le statut de Diwan. Considérées comme privées, les écoles Diwan n’en sont pourtant pas moins gratuites et laïques. Le refus de l’Etat de les intégrer dans la sphère publique pose de vrais problèmes de financement qu’il est nécessaire de dénoncer. ce choix est idéologique et porté par une idée de l’école dépassée. Car 1 + 1 = 2, en français comme en breton. Les résultats scolaires de Diwan prouvent que l’apprentissage est tout à fait acquis et que le niveau de français de ses élèves est aussi bons, voire meilleurs que celui des autres classes.

 

Exigence 10: pédagogie

 

Ce qui nous amène au point suivant: la pédagogie. Selon nous, une classe ne peut fonctionner que s’il existe un rapport de confiance entre les élèves et les enseignants. Il est nécessaire de l’instaurer et ceci suppose que les élèves prennent part, par eux-mêmes, à leur propre formation. L’école doit tendre à un enseignement horizontal et non plus vertical où l’enseignant benne son savoir dans les gosiers des élèves!

 

Il n’y a pas UNE bonne méthode, une recette miracle, il y a des expérimentations. Dans la réalité, c’est déjà le cas n’en déplaisent aux Inspections Académiques!

 

Exigence 11: formation des enseignants.

 

Pour l’UDB, il est crucial de rappeler qu’enseigner est un métier. Et chaque métier s’apprend. Pendant trop longtemps et notamment les 5 dernières années, l’école a été considérée comme une entreprise qu’il fallait manager. L’école devait « servir » autrement dit produire de la main d’oeuvre bon marché et malléable. Ce n’est pas notre vision de l’école. Les enseignants ne peuvent pas être recrutés sur Pole Emploi.

 

Surtout, il convient de revaloriser le métier d’enseignant trop longtemps trainé dans la boue. Car les vocations de professeurs se raréfient tant ce métier est méprisé. Il faut cesser d’opposer le travail manuel du travail intellectuel et au contraire, chercher à travailler de façon complémentaire. Cette revalorisation permettra, nous en sommes certain, un grande avancée car elle évitera la souffrance qui se généralise chez les enseignants qui n’acceptent plus ce système scolaire et du coup chez les élèves qui ne l’acceptent pas plus!

 

Exigence 12: Statut du parent délégué

 

Oui à des décharges professionnels pour  les parents d’élèves siégeant aux instances de décisions dans l’Education Nationale.

 

 

Bien entendu, tout ceci est exposé rapidement et si vous souhaitez de plus amples informations: coussinet2012@udb-bzh.net