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Anne-Marie Kervern, candidate à Brest Ville pour les législatives 2012, avec Fragan Valentin-Lemèni

Anne-Marie Kervern, candidate à Brest Ville pour les législatives 2012, avec Fragan Valentin-Lemèni

En introduction je voudrais souligner que la question de la qualité du bâti et de l’aménagement urbain est une question majeure pour ma formation politique, l’Union démocratique bretonne. La Bretagne est en France et sans doute en Europe la région qui sacrifie le plus de terres agricoles et d’espaces naturels à son urbanisation : plus de 8.000 hectares par an dans la seule Région Bretagne (sans la Loire-Atlantique). L’artificialisation des sols bretons avance donc au rythme de 1% du territoire breton tous les 3 ans, quand il est de 1% tous les 8 à 9 ans en France.

Cette dérive, car c’en est une, n’est plus tenable. Elle dégrade visiblement les paysages et menace les équilibres naturels, la capacité de production agricole et la qualité de vie du plus grand nombre, en se traduisant notamment par un allongement des navettes domicile-travail et domicile-services (enseignement, santé, etc), au détriment des ménages au revenu faible ou moyen pour lesquels le budget transport pèse de plus en plus lourd. C’est pourquoi, face au « retournement démographique » en phase d’accélération que connaît la Bretagne depuis une vingtaine d’années (un solde migratoire positif de 25 à 30.000 personnes par an) mon parti et moi-même préconisons une densification et une requalification (réaffectation des terrains et bâtiments désaffectés ou délaissés) des zones déjà urbanisées : centre-villes, quartiers, centre-bourgs, villages et hameaux. Cette politique suppose de remettre de la mixité dans les centre-villes et centre-bourgs et dans les quartiers entre le logement, les activités de production, les services et les équipements publics, à l’opposé du « laisser faire » urbanistique qui a permis depuis 40 ans la propagation de zones pavillonnaires et de zones industrielles et commerciales en périphérie de villes et de bourgs, souvent plus hideuses les unes que les autres.

Face à l’étalement urbain dont souffre la Bretagne je suis en alerte par rapport à des phénomènes de green-washing tels que la construction d’ « éco-quartiers » déconnectés du tissu urbain existant. L’urbanisation écologique ne peut se concevoir que dans une économie de foncier et une mixité des fonctions. Certaines communes ou intercommunalités lancent une opération « éco-quartier », sur des parcelles non encore urbanisées, pour mieux masquer la poursuite d’une politique urbanistique classique dont la seule ambition est d’accueillir toujours plus d’habitants et d’activités afin d’ augmenter les recettes fiscales de la collectivité. A mes yeux ceci n’est que du marketing et ne constitue en aucune manière une politique d’urbanisme soutenable.

Je déplore aussi la prolifération depuis quelques années en Bretagne, au nom d’un habitat plus économe en énergie (objectif que je partage évidemment), de  bâtiments BBC dont les promoteurs ignorent les caractéristiques géographiques et culturelles du territoire, ce qui conduit à une uniformisation du bâti (cubes à toit plat). Ce phénomène est une négation de la dimension culturelle de l’architecture et de l’habitat. Je défends le principe d’un urbanisme géolocalisé, qui n’empêche nullement l’innovation technologique et la créativité architecturale.

Question 1 de l’Ordre des Architectes de Bretagne :

Quelles sont pour vous les principales actions qui doivent être envisagées pour assurer le développement d’une ville durable ?

Réponse :

Maîtriser le foncier pour lutter efficacement contre la problématique de l’allongement des navettes quotidiennes domicile-travail, ce qui suppose aujourd’hui une politique foncière à l’échelle non plus seulement de la ville-centre ni même de l’agglomération mais à l’échelle du bassin de population (« pays »). Le Schéma de cohérence territoriale (SCOT) et les schémas directeurs qui en découlent (PLU, PDU, PLH) offrent les outils réglementaires pour une telle maîtrise du foncier, avec le renfort en Bretagne du nouvel établissement public foncier régional Foncier de Bretagne. Encore faut-il la volonté politique.

Un parc immobilier diversifié et adapté, voire modulable, pour répondre à la segmentation de la population : personnes seules de plus en plus nombreuses (phénomène de « décohabitation »), familles avec jeunes enfants (dont les familles monoparentales), vieillissement.

Une rénovation thermique du bâti existant et un bâti neuf très économe en énergie, voire à énergie positive (anticiper la réglementation thermique 2015 et la  réglementation thermique 2020). Mettre au point des fonds d’investissements régionaux ou locaux, possiblement à capitaux mixtes, avec remboursement sur les économies de fonctionnement selon le principe des avances remboursables (voir ma réponse à votre question 1).

Une politique de transports (réseaux) qui favorise les regroupements de populations dans le tissu urbain existant.

Des services de proximité dans chaque commune et chaque quartier, pour améliorer la qualité de vie et réduire les circulations inutiles génératrices de pollution atmosphérique et de stress.

La mise en place effective d’une trame verte qui garantisse la présence d’espaces naturels bien répartis dans l’ensemble urbain et de corridors écologiques.

L’organisation d’une production agricole, notamment maraîchère, de proximité, ce qui devrait conduire à la généralisation de plans locaux agricoles (cf les expériences de la Communauté d’agglomération du pays de Lorient, de Rennes Métropole et de CAP Atlantique, intercommunalité à cheval sur la Loire-Atlantique et le Morbihan).

Question 2 :

Quels sont pour vous les dispositifs programmatiques, réglementaires, financiers et juridiques à mettre en œuvre pour répondre aux besoins quantitatif et qualitatif de logements ?

Réponse :

Les mesures ou dispositifs que vous préconisez dans « l’appel des architectes pour construire mieux » (pages 1 à 3) rejoignent mes préoccupations. J’y souscris sans hésitation, en y ajoutant quelques réflexions complémentaires :

–        certaines de vos recommandations sont déjà appliquées au plan régional ou local : établissement public foncier régional Foncier de Bretagne (dont la vocation première est de favoriser l’accès au logement), compétence de la communauté urbaine de Brest sur le PLH (je constate d’ailleurs que ce niveau territorial de compétence n’apparaît plus suffisant face à l’ampleur de l’étalement urbain à l’échelle du pays de Brest).

–        pour dynamiser le logement social je suis d’avis de porter les quotas de logements sociaux à 25% minimum. Sachant le poids des dépenses énergétiques dans le budget des ménages à faibles revenus et le coût immédiat de l’amélioration de la performance énergétique dans la rénovation comme dans la construction neuve, je préconise une généralisation des CPE (contrats de performance énergétique) en tiers investissement, qui permettent de faire financer en partie l’investissement par les économies d’énergie. Pour ce faire et afin de lancer le mouvement, des fonds d’investissement régionaux ou locaux, possiblement à capitaux mixtes (public, secteur marchand, économie sociale et solidaire), sont à imaginer.

Question 3 :

Pensez-vous que l’architecture doit être le premier critère pour construire un bâtiment dans un programme donné et dans un prix juste ? Quelles mesures doivent être mises en œuvre pour garantir la qualité architecturale des constructions publiques ?

Réponse

L’architecture est trop souvent perçue par les particuliers et les promoteurs privés mais aussi par les responsables de la commande publique comme un « luxe » d’ordre artistique. L’architecture revêt à l’évidence une dimension artistique mais une approche trop exclusivement artistique peut conduire à s’en exonérer au nom d’un pragmatisme financier. Ce pragmatisme s’avère d’ailleurs souvent un calcul à courte vue car des bâtiments mal conçus sur un plan architectural vieillissent mal et voient leurs charges (chauffage, éclairage) exploser. Peut s’y ajouter un déficit esthétique. Pour changer la donne il conviendrait de reconnaître, comme vous le préconisez, l’architecture comme un critère incontournable dans tout programme immobilier.

Je souscris aux différentes mesures que vous préconisez pages 3 et 4.

Question 4 :

Quelles sont pour vous les actions à mener pour assurer « l’intérêt public » de la conception architecturale et garantir un droit à l’architecture pour tous ?

Réponse

Il convient d’agir sur deux plans : le pouvoir de prescription de la puissance publique, l’accompagnement de celui qui passe commande.

S’agissant du pouvoir de prescription, indépendamment de la question de la « surface plancher » du  recours obligatoire à l’architecte, je suis favorable à l’inscription dans la loi d’un « plan local d’architecture », à concrétiser dans les PLU et les SCOT. Ce plan local d’architecture aurait le mérite d’amener les acteurs publics, privés et associatifs d’un territoire donné, aidés des acteurs professionnels, à débattre de l’évolution architecturale qu’il conviendrait de lui donner, la définition de cette évolution restant du ressort des acteurs locaux.

S’agissant de l’accompagnement du maître d’ouvrage, il conviendrait d’imaginer des agences locales d’architecture d’intérêt public, sur le modèle des agences locales de l’énergie, dont le rôle serait de servir de relais d’information entre celui qui passe commande et les professionnels.

Question 5 :

Quelles doivent être pour vous les mesures à prendre pour que la dimension culturelle de l’architecture soit à la fois reconnue et surtout partagée par le plus grand nombre ?

Réponse :

La reconnaissance de cette dimension culturelle de l’architecture est nécessaire, pour tout à la fois favoriser la créativité et préserver la diversité liée aux cultures nationales, régionales et locales. Barcelone ne serait pas Barcelone sans l’oeuvre de Gaudi.

Je suis favorable à une initiation à l’architecture dans les enseignements fondamentaux. Celle-ci contribuerait d’ailleurs à une meilleure appropriation par l’enfant et le jeune du territoire où il vit, au même titre que l’enseignement de l’histoire, de la géographie et de la civilisation régionales, actuellement gravement absentes des programmes scolaires.

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