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Anne-Marie Kervern, candidate à Brest Ville pour les législatives 2012, avec Fragan Valentin-Lemèni

Anne-Marie Kervern, candidate à Brest Ville pour les législatives 2012, avec Fragan Valentin-Lemèni

Anne-Marie Kervern, adjointe au Maire de Brest et candidate de l’UDB aux élections législatives 2012 sur la circonscription de Brest-ville, a répondu au questionnaire que l’association brestoise « Divers Genres » a adressé aux candidats qui se présentent aux élections législatives. Voici sa réponse.

Questionnaire divers Genres

Question 1 – Etes-vous favorable au mariage gay ? Voteriez-vous un texte de loi permettant le mariage pour tous ?

Je ne parle pas de mariage gay. L’expression est discriminante en elle-même. Je parle de mariage pour tous.

Oui, je suis favorable au mariage entre personnes du même sexe dans la mesure où je revendique l’égalité des droits pour tous, sans exception.

Le couple homosexuel a droit, comme tous les couples à la protection de la loi. Cette protection concerne les conjoints au sein du couple, mais aussi, sous forme de message dissuasif l’ensemble des personnes jugées inférieures parce que minoritaires et menacées de violences.

La France qui se dit pays des Droits de l’Homme est en retard sur ce sujet  au plan européen. La famille homoparentale vit en France dans une insécurité juridique inacceptable.

Le mariage pour tous suppose que soit revu le code civil. En effet, le code civil parle de « père et mère ». Je propose que cette formulation soit remplacée par « parents ou parentalité ». Les documents administratifs des communes devront être revus dans le même sens : « profession du père, profession de la mère » par profession des parents, etc… Si a médaille de la famille française (pour moi, cérémonie pétainiste !), devait continuer à être attribuée, il faudrait en changer les règles et lui donner un autre sens : la mise en valeur de la diversité des choix de vie dans leur légitimité.

Aujourd’hui, il y a différentes manières légitimes de vivre le couple et le PACS garde sa raison d’être.

Question 2 – Etes-vous favorable à l’adoption pour les couples LGTB ? Voteriez-vous pour un texte de loi allant dans ce sens ?

Oui je suis favorable à l’adoption simple ou plénière par les couples LGBT et en cas d’élection, je voterais un texte de loi dans ce sens..

La loi actuelle est hypocrite : une personne seule peut adopter, mais 2 personnes de même sexe ne le peuvent pas.

Par ailleurs il faut que l’adoption soit ouverte sans discrimination au partenaire du PACS ou au conjoint du parent unique de l’enfant, sans discrimination. C’est ce que j’appelle « la parentalité pour tous ».

La parentalité pour tous suppose que le code de la famille évolue, mais aussi celui de l’aide sociale qui ne prend en compte que les couples mariés ou les familles monoparentales.

Question 3 – Quelle est votre position sur la légalisation de la gestation pour autrui, et sur la procréation médicale assistée sans restriction ?

Je pense qu’une femme doit pouvoir recourir à l’assistance médicale à la procréation. Elle peut avoir recours à cette assistance parce qu’elle ne peut pas avoir d’enfant, mais elle peut aussi ne pas désirer de relation avec un homme.

Je mets une réserve : je tiens absolument à l’anonymat du don des gamètes. C’est une protection pour l’enfant et le couple parental au regard d’un éventuel recours du parent biologique. Par ailleurs je suis très attentive aux questions de bioéthique et je pense qu’il faut mettre toutes les garanties pour qu’il n’y ait pas de marchandisation du vivant. On sait qu’il existe un trafic d’embryons au niveau international : ce trafic mafieux doit être combattu.

Question 4 – Seriez-vous pour intégrer la prévention contre l’homophobie, la promotion de la tolérance et de la diversité dans les programmes scolaires ? Les notions de genre, d’identité et d’orientation sexuelle ?

Oui, j’y suis favorable.

On sait qu’en 2011, Christine Boutin, relayée par d’autres élues de droite (Françoise de Panafieu entre autre), a exigé le retrait des manuels de sciences de la vie et de la terre (SVT).

Il faut absolument donner aux jeunes des connaissances scientifiques sur les notions d’identité et d’orientation sexuelles. C’est essentiel pour lutter contre les discriminations, c’est essentiel aussi pour lever la culpabilité des jeunes qui subissent le silence comme une réprobation.

La majorité des syndicats enseignants et la FCPE sont favorables à ce que l’orientation sexuelle et l’identité de genre soient abordées en même temps de façon nuancée à l’école, et ce, dès le primaire. Pour cela, il faut organiser la formation des enseignants (ou plutôt, la rétablir), favoriser l’intervention des associations spécialisées en milieu scolaire.

Les jeunes, en pleine construction de leur identité, les personnels enseignants eux-mêmes discriminés sont sujets à un mal être qui entraine un taux de suicide énorme (34% des jeunes trans).

Il faut faire avancer le « mieux vivre ensemble », grâce à l’éducation. J’ai toujours cru, et je crois toujours à la fonction émancipatrice de l’école. Celle-ci est mise à mal : une priorité donnée à l’éducation dans le futur gouvernement devrait redonner de la vitalité à cette fonction.

Ces questions ne peuvent plus être envoyées exclusivement à la sphère privée. Il faut qu’elles soient débattues dans la sphère publique, tous les secteurs de la fonction publique devraient être concernés par une formation : police, gendarmerie, hôpital, éducateurs, travailleurs sociaux…le mode du sport, particulièrement homophobe doit être l’un des terrains privilégiés de formation.

Le monde du travail (discriminations à l’embauche ou à la promotion) ne doit pas être à l’écart de cette action éducative : c’est un champ de discriminations dévastateur. C’est là que se joue l’exclusion économique qui contraint à la prostitution.

Une éducation au respect en général, une éducation précoce à la diversité sont nécessaires pour lutter contre les préjugés racistes, sexistes et homophobes.

Les collectivités locales, en partenariat avec les associations ont la possibilité de développer dans leur ville un « écosystème » favorable à la diversité (écosystème : les populations qui vivent ensemble sont liées entre elles et elles interagissent avec leur environnement).

Question 5 – Seriez-vous favorable à l’intégration de thèmes autour de l’histoire des minorités gays, en particulier la déportation ou l’extermination des homosexuels par les nazis, toujours absente des programmes officiels ?

Oui, certainement, mais pas seulement l’histoire des homosexuels.

Je crois que notre histoire nationale est muette sur un certain nombre de minorités. Il y a des tabous, des trous noirs dans notre histoire commune : le fait que la France a été pendant 400 ans un pays esclavagiste, la colonisation, les peuples de l’Hexagone et des TOM DOM, avec leur diversité, leurs langues leurs cultures, les massacres de la décolonisation (Sétif, Madagascar), les harkis, les indigènes de la République…La France une et indivisible confond systématiquement unité politique et unicité culturelle : toutes les minorités passent à la trappe !

Les mémoires des minorités sont diverses et souvent antagonistes avec le récit national mythifié. Il n’y a pas d’avenir sans une reconnaissance de toutes ces mémoires.

Je me réjouis de l’initiative de Divers Genres d’avoir commémoré le 28 avril 2012, avec les associations de déportés, la déportation des homosexuels par le régime nazi, comme j’ai aussi tenu à recevoir à Brest, avec les honneurs qu’elle mérite, Esméralda Romanez, Présidente de l’association européenne pour la mémoire de la déportation des Roms.

Question 6 – Quelles nouvelles mesures mettriez-vous en place pour lutter contre la pandémie du Sida et les IST ?

La prévention doit être au centre de toutes les politiques sanitaires, et les spécificités de toutes les composantes de la société doivent être prises en compte.

Un plan national de prévention doit être élaboré avec la collaboration des associations. Selon moi il devrait contenir les dispositions suivantes :

1) respect strict et absolu du secret médical,

2) transparence sur les essais thérapeutiques,

3) dynamisation de la recherche sur les nouveaux médicaments,

4) personnel hospitalier plus nombreux et mieux formé,

5) horaires hospitaliers adaptés aux personnes qui travaillent et qui doivent suivre un traitement,

6) renforcement de la prévention et partenariat systématique avec les associations,

7) prévention adaptée aux populations spécifique et attention particulière au milieu carcéral,

8) programmes d’éducation à la santé en milieu scolaire,

9) gratuité des préservatifs aux associations qui les diffusent,

10)recherche sur les médecines dites douces et communication des évaluations,

11) soutien de l’Etat aux programmes de recherche internationaux (échanges de pratiques en fonction des milieux, valorisation des expériences reproductibles).

La prévention doit prendre en compte le caractère particulier de la vie sociale des lesbiennes : elles sont invisibles dans les politiques actuelles. Il faut des politiques ciblées à leur attention.

Question 7 – Seriez- vous pour lever l’interdiction faite aux hommes ayant déjà eu au moins un rapport avec un autre homme de donner leur sang, alors que d’autres communautés tout autant à risque peuvent le faire ?

Là encore, l’exclusion des homosexuels est une hypocrisie puisque chaque prélèvement est contrôlé en amont.

La présomption de séropositivité est terrible car elle stigmatise les homosexuels dans leur ensemble : en effet, aucune question comportementale n’est posée lors du questionnaire préalable au don du sang.

Il me semble tout à fait normal que des contre-indications soient formulées sur des critères objectifs de santé publique, mais totalement anormal que ces critères relèvent de préjugés.

Si je suis élue députée, je demanderai que la notion de groupe à risque disparaisse au profit de pratique à risque. Je précise qu’il n’y a aucune raison épidémiologique concernant les lesbiennes, et qu’elles ne doivent pas être empêchées de faire un don de sang.

Question 8 – Seriez-vous pour faciliter le changement d’état civil pour les personnes transgenres ?

Oui, je crois que l’identité de genre et l’identité civile doivent coincider. Il y a trop de souffrance dans cette schizophrénie imposée. D’autres pays européens ont déjà légiféré dans ce sens, mais la France a un problème avec ses minorités, quelles qu’elles soient.

Je pense que si la personne trans qui demande le changement d’état-civil produit des documents attestant de sa transition, les juges devraient s’en contenter. Pour cela, il faudrait que la circulaire mentionne explicitement cette possibilité.

Je m’engage clairement sur le droit des personnes à accéder à l’état civil conforme à leur genre et à leur apparence, pendant et à l’issue de leur transition.

Question 9 – Auriez-vous d’autres propositions sur le thème de la promotion de la culture, de l’histoire et des droits LGBT ?

Il existe une culture gay, et celle-ci, comme toutes les autres cultures doit être créative et évoluer au contact des autres cultures. Il y a toujours un danger pour les cultures minoritaires ou minorisées à s’isoler des autres composantes de la société. Mais pour entrer en relation avec les autres, il faut pouvoir exister sans avoir à s’excuser de ce qu’on est.

Je crois que les politiques de dialogue interculturel qui incitent à l’interrelation et aux interactions multiples entre les composantes de la société doit être un espace d’expression et de liberté.

Pour moi, la priorité des priorités, c’est la formation des acteurs de la vie sociale à la notion de stéréotype et de préjugé : les stéréotypes se construisent, il faut aussi montrer comment ils se déconstruisent. Le ministère de la jeunesse et des Sports devrait, dans ses formations d’animateurs socioculturels, dans les formations qui conduisent aux DEFA , BAFA , BAFD, introduire une unité de valeur sur les représentations.

Internet véhicule impunément des injures homophobes. Au cours de l’année 2010, SOS HOMOPHOBIE a reçu 274 témoignages d’homophobie sur Internet, ce qui représente une hausse de plus de 40 %. Il existe au sein de SOS homophobie un groupe chargé de traquer la violence LGBT-phobe sur Internet. Grâce à ses interventions (recueil de captures d’écran, courriers de rappel de la loi…), de nombreux sites homophobes sont modérés, lorsqu’ils sont hébergés en France. Ce travail doit être reconnu et soutenu par les pouvoirs publics.

Question 10 – La prostitution en France…Dans ce contexte qu’on ne peut ignorer et contre lequel l’Etat a toujours été impuissant, quelle est votre position sur la réouverture des maisons closes règlementées ?

La prostitution féminine ou masculine est une réalité, bien que le racolage soit illégal. On sait que cet état de fait rend les prostitué-e-s extrêmement vulnérables face aux réseaux mafieux.

Pour autant, je suis fermement hostile à cette nouvelle revendication de réouverture des maisons closes. La demande est venue de députées UMP (Françoise de Panafieu) et  Chrétiens démocrates ( Christine Boutin). Je pense que ce serait une formidable régression. Les Eros center d’Allemagne et des Pays bas n’ont absolument pas fait la preuve qu’ils étaient de nature à lutter contre les réseaux maffieux. Au contraire Karina Schaapman, conseillère municipale de la ville d’Amsterdam  déclare qu’au lieu d’assainir la filière, la politique de licences accordées depuis octobre 2000 aux maisons closes a abouti à une situation incontrôlable.

En 2006, j’ai signé une protestation contre les immenses bordels légaux qui se créaient aux alentours du Mondial de football en Allemagne. Le but était que les spectateurs des matches puissent consommer de la chair fraiche, féminine ou masculine en allant au match.

Chaque fois qu’une personne utilise les services d’une autre personne à titre commercial, il doit savoir qu’elle est complice de contrainte, de violence, voire de traite. Il faut mettre en évidence la responsabilité du client : la pénalisation du racolage passif a conduit les prostitués à  vivre dans des conditions de clandestinité. Les amendes encaissées par l’Etat font de l’Etat un souteneur qui s’ignore.

Je suis pour la pénalisation du client et pour une prise en charge de la personne prostituée dans des mesures d’insertion économiques et un accompagnement pour sortir de la détresse. Ignorer cette détresse et faire comme si tous les prostitués étaient libres et volontaires est une vaste blague. Comment ignorer que dans une maison close (même soit disant moderne), le client est roi et que c’est lui qui impose les violences (coups, pratiques imposées, rapports sans préservatif).

La prostitution est le révélateur d’une misère économique, affective et sexuelle, cela n’a rien à voir avec le libertinage entre adultes consentants.

Je dénonce vivement l’ambigüité de la série de Canal + concernant la prostitution : en feignant de dénoncer les maisons closes, la série télévisée exploite le fantasme de femmes (Hommes ?) sexuellement disponibles et présente une vision stéréotypée de la sexualité masculine.

Pour moi, les maisons closes ne sont rien d’autre que des lieux de stockage de marchandise femme ou homme, très confortables pour le blanchiment d’argent sale.

Je veux aussi vous donner mon point de vue sur les questions d’insertion et de réinsertion.

Pour moi, insertion et réinsertion sont la priorité des priorités pour combattre la prostitution sans combattre les prostitué-e-s

Je dénonce vivement la non application de la loi concernant les CHRS. Les Centres d’Hébergement et de Réinsertion Sociale (CHRS), prévus par l’article 185 du Code de la famille et de l’action sociale, ont été créés en application de la loi n°75-535 du 30 juin 1975 relative aux institutions sociales et médico-sociales pour « les personnes et les familles qui connaissent de graves difficultés, notamment économiques, familiales, de logement, de santé ou d’insertion, en vue de les aider à accéder ou à recouvrer leur autonomie personnele et sociale ».

L’application des lois a donc été peu observée dans la mesure où l’Etat a fait preuve d’un manque de volonté en ne donnant pas les moyens financiers nécessaires à la construction de ces centres. Il s’est largement appuyé sur les associations qui interviennent de manières diverses, en rencontrant dans la rue les personnes prostituées, en gérant des centres hébergeant ces personnes et en les aidant à mettre en place un parcours de réinsertion.

L’Etat doit s’impliquer très fortement au côté des associations d’insertion et de réinsertion : soutien aux accueils de jour, aux hébergements temporaires, au logement, à la santé, soutien psychologique, attribution immédiate d’une allocation de vie dès lors qu’une association atteste de la démarche de réinsertion.

Question 11 – Notre association est solidaire dans le combat pour la reconnaissance des cultures et minorités dans leur diversité.  seriez-vous favorable à ce que la France signe la Charte européenne des langues régionales. Seriez-vous pour intégrer l’apprentissage de la langue et de l’histoire bretonne dans le cursus normal de la maternelle au lycée dans notre région (sauf si refus explicite des parents) ?

Oui, je suis pour la ratification de la charte européenne des langues minoritaires. La France est l’un des derniers pays d’Europe à ne pas l’avoir ratifiée.

Je suis aussi pour la ratification de l’article 30 de la convention internationale des droits de l’enfant.

Pourquoi ? Je me fonde sur les analyses de EBLUL-France, comité français du Bureau européen des langues moins répandues :

La Déclaration universelle des droits de l’homme affirme la dignité de la personne humaine et énonce ses droits fondamentaux qui sont progressivement précisés par de nouveaux textes qui en découlent. C’est bien au nom de sa dignité, c’est à dire de l’article premier de la Déclaration, que doit être respectée l’identité de chaque personne, de sa culture.

C’est ainsi que la Déclaration universelle de l’UNESCO sur la diversité culturelle affirme que «la défense de la diversité culturelle est un impératif éthique, inséparable de la dignité de la personne humaine. Elle implique l’engagement de respecter les droits de l’homme et les libertés fondamentales, en particulier les droits des personnes appartenant à des minorités et ceux des peuples autochtones».

La déclaration affirme également que «la culture prend des formes diverses à travers le temps et l’espace. Cette diversité s’incarne dans l’originalité et la pluralité des identités qui caractérisent les groupes et les sociétés composant l’humanité». Elle précise encore que l’épanouissement d’une diversité créatrice exige la pleine réalisation des droits culturels, tels qu’ils sont définis à l’article 27 de la Déclaration des droits de l’homme et aux articles 13 (droit à l’éducation) et 15 (droit de participer à la vie culturelle) du Pacte international relatif aux droits économiques sociaux et culturels. Toute personne doit ainsi pouvoir s’exprimer, créer et diffuser ses œuvres dans la langue de son choix et en particulier dans sa langue maternelle ; toute personne a le droit à une éducation et une formation de qualité qui respectent pleinement son identité culturelle ; toute personne doit pouvoir participer à la vie culturelle de son choix et exercer ses propres pratiques culturelles, dans les limites qu’impose le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Ainsi que l’a souligné le Comité des droits économiques, sociaux et culturels, en particulier lors de la conférence sur le droit de chacun de participer à la vie culturelle de la société le 9 mai 2008 à Genève, les droits culturels sont, comme tous les droits de l’homme, des droits individuels. Mais par nature, les droits culturels ne peuvent être vécus que collectivement. Le Conseil des droits de l’homme considère que tous les droits de l’homme sont universels, indissociables, interdépendants et intimement liés. Ainsi, le droit à l’éducation ou celui de la liberté d’expression comprennent le droit à l’éducation et à l’expression dans leur langue et leur culture notamment à travers les media.

Dans une déclaration du 3 décembre la Commission des Libertés du Parlement européen souhaite promouvoir les langues régionales et/ou minoritaires et «estime que le droit de parler et d’être éduqué dans sa langue maternelle est l’un des droits fondamentaux les plus basiques.»

C’est pourquoi, en accord avec EBLUL-France, comité français du Bureau européen des langues moins répandues, tout en me félicitant de l’inscription des langues régionales dans la Constitution (article 75) je demanderai, en tant que députée, que le gouvernement de reconnaisse réellement, par la loi et les textes appropriés, le droit de ses propres citoyens à leurs langues et cultures régionales, reconnus par l’Europe et par la communauté internationale. Il demande aussi en particulier la ratification rapide de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires.

Concernant l’enseignement de l’histoire et de la géographie de leur région à tous les enfants scolarisés de la maternelle au baccalauréat :

Oui, je suis pour cet enseignement, et je le revendique comme un moyen de première importance pour lutter contre l’échec scolaire et son corollaire, l’exclusion sociale. En effet, l’absence de repères permettant de comprendre l’environnement dans lequel évoluent l’enfant, puis le jeune et l’adulte est une véritable catastrophe éducative et culturelle. La lecture du patrimoine matériel et immatériel est une des clés d’une insertion réussie dans le territoire où l’on vit, qu’on y soit né ou pas. Les domaines de compréhension de l’environnement liés à l’histoire et à la géographie sont immenses.

L’école qui est le lieu des apprentissages fondamentaux pour tous est le lieu où cet accès à la connaissance du milieu de vie doit se faire en priorité. Mais la portée éducative de cet apprentissage est bien plus vaste: il doit aussi englober le temps périscolaire et extrascolaire de l’enfant.

Le partenariat « école/commune/famille/association d’éducation populaire » doit être recherché et favorisé dans les politiques publiques éducatives afin que tous aient la possibilité de dialoguer de manière satisfaisante et épanouissante avec le milieu de vie.

Par ailleurs, je suis persuadée que le développement de la Bretagne repose sur un sentiment d’appartenance qui doit être cultivé, prioritairement par la connaissance de ce qu’elle est historiquement, physiquement et humainement. Ce sentiment d’appartenance à la Bretagne n’est pas incompatible avec l’ouverture aux autres dimensions de la citoyenneté (nationale, européenne, universelle), au contraire il y contribue en favorisant les échanges. L’historienne et pédagogue Suzanne Citron a très bien expliqué cela.

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