Mots-clefs

, , , , , , , , ,

Anne-Marie Kervern, candidate à Brest Ville pour les législatives 2012, avec Fragan Valentin-Lemèni

Anne-Marie Kervern, candidate à Brest Ville pour les législatives 2012, avec Fragan Valentin-Lemèni

Lundi 7 mai Anne-Marie Kervern a rencontré le Collectif finistérien pour la souveraineté alimentaire dans les pays du Sud et en Europe, à la demande de ce dernier. Elle était accompagnée de Christian Guyonvarc’h, son directeur de campagne, par ailleurs conseiller régional de Bretagne, ancien vice-président du Conseil régional chargé de la solidarité internationale.

de gauche à droite: Anne-Marie Kervern, Jean Kerouanton et Philippe Arnaud

de gauche à droite: Anne-Marie Kervern, Jean Kerouanton et Philippe Arnaud

Le collectif finistérien pour la souveraineté alimentaire était représenté par Jean Kerouanton, de Peuples Solidaires, agriculteur retraité, et Philippe Arnaud, agriculteur bio à Hanvec, administrateur du groupement d’agriculteurs biologiques du Finistère (photo ci-jointe). Ce collectif est composé de nombreux acteurs du monde agricole, de la protection de l’environnement et de la solidarité internationale (liste des organisations membres dans un document ci-joint).

Le collectif finistérien a décidé de solliciter une rencontre avec tous les candidats des partis démocratiques pour leur soumettre un certain nombre d’engagements (document ci-joint intitulé « des engagements très concrets peuvent être pris par les décideurs politiques »). Les réponses des candidats seront portées à la connaissance du public lors d’une réunion publique qui se tiendra à Saint-Thonan (entre Brest et Landerneau), salle municipale, lundi 14 mai à 20h30. Anne-Marie Kervern et Christian Guyonvarc’h y participeront.

La rencontre du 7 mai aura duré plus de deux heures, preuve d’un intérêt partagé pour le sujet majeur de la souveraineté alimentaire. Sujet majeur « mais totalement occulté par la campagne présidentielle » aura tenu à souligner Anne-Marie Kervern.

Un constat partagé sur les dérèglements de l’agriculture au plan mondial

Jean Kerouanton et Philippe Arnaud ont rappelé la situation de la paysannerie et de l’agriculture au plan mondial :

–        parmi les plus de 900 millions de personnes qui souffrent de la faim, les ¾ sont de petits paysans. Pourquoi ce paradoxe? Parce qu’ils ne sont pas solvables et ne peuvent pas payer pour améliorer leurs conditions de production. La première cause de la faim n’est pas le manque de nourriture mais la pauvreté,

–        or, la petite paysannerie du Sud, qui représente 40% de la population mondiale, nourrit plus de 50% de l’humanité. Cette petite paysannerie est de loin la plus représentative du monde agricole. Sur 1,3 milliard d’exploitations agricoles 35% seulement sont mécanisées ; les exploitations agricoles sur le modèle dominant des pays industrialisés ne représentent que 2% de l’ensemble,

–        depuis quelques années on assiste à une montée en puissance très rapide des appropriations de terres, principalement en Afrique, par des intérêts privés ou publics (Etats) étrangers. Cet accaparement de terres (50 millions d’hectares) représente déjà 2 fois la totalité des terres agricoles de la France. Deux raisons à ce phénomène : le développement des agrocarburants, pour remplir les réservoirs de nos automobiles au Nord (la France s’est fixée un objectif de 15% d’agrocarburants dans les carburants français d’ici 2015), et une demande alimentaire en croissance rapide dans les pays dits émergents en manque de terres cultivables (Chine, Corée du sud, Taïwan, Inde, Etats du golfe arabique), une croissance de la demande alimentaire qui prend même la forme de systèmes d’élevage intensifs (porcs en Asie du sud-est, volaille dans les pays musulmans) tels que ceux qui se sont développés en Amérique du nord et en Europe depuis 50 ans. Des entreprises bretonnes comme Glon-Sanders y contribuent activement.

Jean Kerouanton et Philippe Arnaud ont aussi souligné que la Bretagne avait des comportements contradictoires. La Région se veut exemplaire dans la protection des consommateurs face aux OGM mais elle accepte l’importation de soja transgénique à 90%. Ce soja, principalement importé d’Amérique du sud, représente d’ailleurs l’équivalent de deux départements bretons en surfaces cultivées. Ce système-là n’est pas soutenable, ni sur le plan environnemental, ni sur le plan économique.

Une candidate qui va au-delà des engagements qui lui sont soumis

La candidate de l’UDB ne se sera pas contentée de souscrire aux 7 engagements (document ci-joint) que le Collectif lui soumettait. Elle a également tenu à apporter ses propres commentaires et à faire des propositions complémentaires. A savoir :

–        il faut retirer l’agriculture et l’alimentation du champ de compétence de l’OMC (Organisation mondiale du commerce) et créer une Organisation mondiale de l’agriculture et de l’alimentation (OMAA) qui intégrerait la pêche et l’aquaculture ainsi que la chaîne logistique du producteur au consommateur. Car l’aliment est un bien vital qui ne doit pas être soumis à la logique du libre-échange mondial et encore moins aux mécanismes de spéculation (cf bourse des céréales de Chicago). Cette OMAA aurait vocation à réunir et rationaliser des outils existants actuellement dispersés : FAO (Organisation de l’agriculture et de l’alimentation), PAM (Programme alimentaire mondial), FIDA (Fonds international pour le développement agricole). Comme l’a souligné Philippe Arnaud elle pourrait étendre sa compétence à l’eau qui est aussi un bien commun vital pour l’humanité.

–        pour sortir l’Europe de la dépendance protéinique, en particulier dans les productions animales, il faut lancer un plan protéines européen en lui affectant des moyens de recherche.

–        il faut refuser les agrocarburants industriels et en combattre la production et la commercialisation quand ils font concurrence aux productions à finalité alimentaire (humaine ou animale) ou conduisent à la disparition d’espaces naturels essentiels à la biodiversité (forêts primaires, zones humides…). D’ailleurs ces destructions d’espaces naturels dégradent aussi les modes de vie de peuples indigènes qui ne sont pas des populations marginales (les peuples des forêts représentent 68 millions de personnes rien qu’en Inde). Cette opposition aux agrocarburants industriels ne vaut pas pour les productions locales qui visent à l’autonomie énergétique des exploitations familiales. Elle n’interdit pas non plus la recherche sur des agrocarburants de nouvelle génération (culture de microalgues en milieu confiné et par photosynthèse) dont le potentiel économique et l’impact environnemental restent à évaluer.

Anne-Marie Kervern a aussi tenu à souligner le rôle primordial des femmes dans l’agriculture des pays du Sud. Non seulement en tant que productrices, mais aussi en tant qu’actrices de la modernisation sociale face à certaines traditions séculaires qui les reléguaient à un rôle secondaire.

• • •

Pour une rupture démocratique • Consultez mon blog en français et en bretonMes engagements

Retrouvez-moi sur Facebook

Réunions publiques

Publicités