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L’énergie de demain, c’est l’imagination

 

Le 26 avril dernier était célébrée l’anniversaire de la tristement célèbre catastrophe nucléaire de Tchernobyl en 1986. En mars dernier, c’était celui de Fukushima que nous célébrions. Pour moi comme pour l’UDB, il n’est pas question d’en célébrer d’autres.

 

La Bretagne s’est distinguée – de Plogoff au Carnet en passant par St Jean-du-Doigt ou Erdeven (…) – par son hostilité au nucléaire, énergie « dangereuse, polluante, opaque et centralisée » comme le rappelait la Une du Peuple breton de mai 2011. Pour moi, il y a d’autres voies que le nucléaire dans lequel s’est engagée la France et qu’elle n’est, semble-t-il, pas prête de laisser tomber. La France sera pourtant bien inspirée de regarder vers l’Ukraine qui doit recouvrir le site de Tchernobyl d’une nouvelle structure étanche destinée à limiter la radioactivité. Tout cela pour un coût modeste de 1,5 milliard d’euros! On ne dit jamais assez que l’énergie nucléaire est extrêmement coûteuse, pas forcément sur les factures (puisque c’est une énergie largement subventionnée), mais en impôts!

 

Les partisans de cette énergie nucléaire nous qualifient d’ « irresponsables ». Nous voudrions, selon eux, « porter atteinte à l’indépendance énergétique de la France ». Pourtant, l’uranium ne se ramasse pas sur les plages normandes et ces défenseurs du tout nucléaire oublient un peu vite que si la France est l’un des Etats les plus nucléarisés du monde, c’est parce que des multinationales exploitent des peuples, je pense aux touaregs du Niger notamment. Nous ne pouvons cautionner cela.

 

L’UDB souhaite sortir aussi vite que possible de cette stratégie nucléaire en réinvestissant les crédits de recherche du nucléaire vers le renouvelable et en fermant les réacteurs au fur et à mesure de leur obsolescence (en commençant par Fassenheim, le plus ancien réacteur français). La France – et la Bretagne particulièrement qui importe plus qu’elle ne produit de l’électricité – doit se doter d’une politique énergétique ambitieuse. A quoi pourrait ressembler cette politique?

 

En premier lieu, une politique intelligente nécessite de réduire sa consommation d’énergie et donc d’inciter, fiscalement, les collectivités et les particuliers à réduire les gaspillages. A ce titre, le dispositif Vir-Volt expérimenté en Pays de St Brieuc est un outil intéressant pour limiter la consommation sans impact sur le bien-être des bretonnes et des bretons. De même, nous sommes favorable à une vaste politique d’isolation des bâtiments publics et à des aides aux particuliers pour assurer la rénovation de leur patrimoine immobilier. Ce faisant, c’est toute la collectivité qui y gagne: les ménages en réduisant leurs charges et les collectivités en réduisant leurs coûts de fonctionnent.

 

Mais économiser l’énergie n’est pas suffisant pour construire une politique énergétique ambitieuse. Il faut également produire, et produire localement afin que la maîtrise soit possible et que les bénéfices de ces investissements soient réinvestis au pays. C’est la raison pour laquelle l’UDB soutient les énergies dites « renouvelables ». Il s’agit aussi de créer de l’emploi localement pour vivre et travailler au pays. La Bretagne n’a pas vocation à devenir un camp de vacances et n’offrir que des emplois saisonniers mal payés.

 

Avec beaucoup de retard, la France s’est lancée par exemple dans un programme éolien offshore (en Europe plus de 3.000 MW sont d’ores et déjà installés). Le premier programme prévoit 5 sites d’implantation en France dont deux sites près du littoral breton, pour 500 MW au large de St-Brieuc et pour 750 MW au large de Saint-Nazaire. Cette puissance électrique totale de 1250 MW représente l’équivalent d’un réacteur nucléaire et bien plus que le néfaste projet de centrale électrique à gaz porté par l’Etat et dont le site est envisagé aujourd’hui à Landivisiau. A noter d’ailleurs que selon le journal « Les Echos », ces centrales ne sont pas rentables. A l’inverse, la ferme éolienne qui sera édifiée au large de Saint-Brieuc devrait apporter 6,8 millions par an aux collectivités locales et professionnels de la mer.

 

Les territoires sont divers et chacun d’entre eux a un potentiel énergétique qu’il convient d’exploiter: le vent, la houle, les rivières… Utiliser les énergies renouvelables consiste à comprendre le territoire dans lequel on vit. Au XIXème siècle, la micro-hydrolique (moulins à eau notamment) était généralisée sur le territoire breton et on ne saurait pas le faire au XXIème siècle? Assurément, c’est un progrès!
L’enjeu des énergies renouvelables est donc fort du point de vue de l’autonomie énergétique des territoires. Il l’est tout autant du point de vue de l’emploi et notamment de l’emploi industriel qui est la principale victime des délocalisations. 10 000 emplois sur la France sont en jeu d’ici 2015 dont peut-être plusieurs milliers en Bretagne.

 

C’est donc d’abord d’imagination dont nous avons besoin. L’UDB n’en manque pas.

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