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Anne-Marie Kervern, candidate à Brest Ville pour les législatives 2012, avec Fragan Valentin-Lemèni

Anne-Marie Kervern, candidate à Brest Ville pour les législatives 2012, avec Fragan Valentin-Lemèni

Le débat du matin, très bien animé par Yvon Ollivier, magistrat, a permis, devant une assistance de 200 personnes, de se faire une idée des positions de l’ensemble des représentants des candidats à l’élection présidentielle.

Anne-Marie Kervern et Isabelle Moign, candidate de l'UDB dans la circonscription de Concarneau-Quimperlé

Anne-Marie Kervern et Isabelle Moign, candidate de l'UDB dans la circonscription de Concarneau-Quimperlé

La conseillère régionale UMP Françoise Louarn, représentant la position de Nicolas Sarkozy, s’est disqualifiée elle-même et a disqualifié rapidement son candidat : elle est pour les langues régionales, pratiquant elle-même le breton, mais enfin, personne n’empêche les Bretons de parler leur langue. Aucune loi ne les en empêche, et s’ils ne la parlent pas, c’est qu’ils ne sont pas motivés. Si la langue meurt, c’est la faute des Bretons, en grande partie. Et voilà comment on tire un trait sur 200 ans de pratiques humiliantes face au monolinguisme franco-français érigé en norme, et même en idéal. Un discours politique qu’on croyait du passé…

André le Gac, pour le Front de Gauche, a voulu nous persuader de la volonté très positive de son candidat en matière de langues régionales. Il n’a pas ménagé sa peine, et nous a fait savoir que Jean-Luc Mélenchon était perfectible. Dommage, quand même, que ce soit le grand écart entre les propos tenus à Quimper et l’exact contraire proclamé par le candidat Mélenchon dans ses discours. Car c’est quand même bien Mélenchon l’ultrajacobin qui se présente à la présidentielle.

Très clair dans ses propositions, Jean-Jacques Urvoas, député (PS) de Quimper, s’est prononcé pour une loi-cadre à faire voter rapidement et a rappelé l’engagement de François Hollande en faveur de la ratification de la charte européenne des langues régionales et minoritaires. Le document que Jean-Jacques Urvoas a signé avec le député alsacien Armand Jung, « Langues et cultures régionales, en finir avec l’exception française » (fondation Jean Jaurès), est à lire et prouve qu’il a bien travaillé la question.

Le représentant du MODEM a affirmé l’intérêt de François Bayrou pour les langues régionales (François Bayrou ne parle-t-il pas le béarnais ?). Il a rappelé l’engagement de son candidat pour la ratification de la charte européenne, sa volonté de débloquer des moyens pour faire vivre les langues régionales dans les médias, des politiques différenciées selon les régions et l’accessibilité pour tous à l’enseignement des langues régionales.

Mona Bras, porte-parole de l'UDB et conseillère régionale, intervient lors du débat du matin

Mona Bras, porte-parole de l'UDB et conseillère régionale, intervient lors du débat du matin

De l’UDB (Mona Bras) et d’EE-LV (Ronan Dantec), on attendait évidemment le rappel des engagements d’Eva Joly lors de l’université d’été 2011 de Régions et Peuples Solidaires, ce qui fut fait : réunification administrative de la Bretagne, droit à l’expérimentation dans les régions, capacité législative et réglementaire pour les régions, ratification de la charte européenne des langues régionales, généralisation de l’offre d’enseignement bilingue, plan de développement de la langue dans les médias, la vie publique, l’enseignement…

Un panel sans doute trop large, avec la présence de 2 autres débatteurs (Parti breton et Christian Troadec) dont les attentes rejoignaient les propositions d’Eva Joly et F Hollande, a conduit le public à regretter le trop grand nombre d’intervenants et que la salle ne puisse avoir plus la parole.

Un rassemblement de masse ignoré par la presse parisienne

Dans l’après-midi la manifestation fut grandiose (10 à 12.000 personnes). Je garderai l’image de cet homme âgé en larmes au démarrage des bagadoù : « La fierté retrouvée, voilà ce que ça me fait ! » dit-il en s’excusant.

Les militants de l’UDB (plus de 200 présents) et leurs élus (les 4 conseillers régionaux et une quarantaine d’élus municipaux) ont impressionné par leur capacité de mobilisation.

Quant au concert de l’après midi, quel bonheur de voir Louise Ebrel, 80 printemps, au milieu des Ramoneurs de Menhirs et d’entendre une dizaine de punks aux crêtes multicolores lui crier « Louise, on t’aime ! ». Une image sympa de la Bretagne, transculturelle et transgénérationnelle, telle qu’on l’aime…

Quel écho de cette manifestation dans la presse dite « nationale » ? Quasiment aucun. C’est caricatural. Les médias centralisés caricaturent la France en éliminant la diversité.

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