Le réseau de vigilance contre le racisme et la xénophobie d’Etat invitait hier soir les partis de gauche à discuter de leurs propositions en matière d’immigration. PS, EELV, PG, FASE, GU, PCF, LO, NPA et UDB ont ainsi pu s’exprimer.

 

Pour l’UDB, il s’agissait surtout de réhabiliter le rôle de l’immigration dans notre société. Et de faire entendre son discours original à savoir que l’immigration bénéficie majoritairement aux pays dit d’accueil. Un discours sur l’immigration revient donc à parler essentiellement des rapports Nord-Sud et du droit de circulation et d’installation inscrite dans la Déclaration des Droits de l’Homme certes, mais aussi du droit de rester au pays. Ceci suppose d’avoir des conditions de vie décente et des structures de formation qui le permettent ce qui est loin d’être le cas partout dans le monde.

 

L’UDB a donc dénoncé la politique immigratoire de l’UMP qui, non content d’être inhumaine, pourrait être qualifiée de « politique du seau percé » tant il est illusoire de croire que renvoyer les migrants chez eux constitue une réponse adéquate à cette question. Mais la politique sécuritaire du gouvernement en place ne s’arrête pas à affréter des charters coûteux, elle consiste aussi à durcir les conditions d’entrée pour les demandeurs d’asile, à réduire le nombre de fonctionnaires dans les Préfectures afin de limiter la possibilité d’accueillir les demandeurs de titres de séjours, à centraliser les lieux de demandes et à réduire les heures d’accueil pour le traitement des dossiers. Ajoutons à cela le scandale des centres de rétention administrative qui ressemblent plus à des prisons qu’à des lieux d’accueil. Il faut donc se convaincre qu’en traitant des êtres humains de cette façon, c’est l’image de notre société que nous dégradons.

 

Bref, le système actuel bénéficie à ceux qui attisent les peurs, à ceux qui exploitent les sans-papiers et au lobby sécuritaire. Au contraire, nous privilégions, dans notre réflexion le système éducatif, l’aide internationale et l’alternative à cette économie capitaliste subventionnée par le public qui détruit le tissu économique des pays dits « émetteurs ».

 

Concernant le FN dont il était question lors de la soirée, nous invitons nos lecteurs à se référer au tract pédagogique réalisé par l’UDB Jeunes en début d’année. Clairement, ce parti n’est pas comme les autres, mais il ne suffit pas de taxer ceux qui votent pour lui de « raciste » pour lui nuire. Il faut démontrer que le projet du FN ne tient pas la route. C’est un travail quotidien de lutte contre la démagogie (qui n’est pas le monopole du FN d’ailleurs). Le nationalisme n’est pas une réponse à l’inquiétude légitime des populations touchées par la crise économique.

 

La dernière question avait trait à nos propositions en matière de droits de vote pour les étrangers. L’UDB, parti créé en 1964 suite au mouvement anti-colonialiste et notamment la guerre en Algérie, a toujours été très claire sur ce point. En 1999, le statut particulier pour la Bretagne prévoit d’accorder le statut de citoyen breton à toute personne résidant sur le territoire depuis 5 ans qui en fait la demande. Cette citoyenneté bretonne complémentaire de la citoyenneté française et européenne confère l’éligibilité aux élections locales et régionales. Autrement dit, oui, nous sommes favorables au droit de vote des étrangers aux élections locales!

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