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Anne-Marie KervernA  partir du 5 avril les vols du dimanche et les liaisons de mi-juillet à  mi -août qui étaient jusqu’à présent assurés, pour Ouessant, par la compagnie Finist’Air, seront supprimés, en raison, nous dit le Conseil général du Finistère, d’une desserte maritime plus large. Pour justifier la diminution du service aérien le Conseil général invoque un taux de remplissage insuffisant du petit Cessna Caravan de 9 places, avec un déficit chronique de 850 000€.

Examinons le contexte. La convention-cadre pour un développement durable des îles bretonnes du Ponant (inscrite dans le Contrat de projet Etat-Région 2007-2013) fait le constat que malgré un engouement touristique croissant, les îles du Ponant, Belle-Ile mise à part, connaissent une baisse régulière de population depuis de nombreuses années. La convention constate que cette baisse s’accompagne d’un vieillissement, que le déficit de renouvellement des générations entraîne une baisse des effectifs scolarisés sur place.

Comme le dit Pierre Maille, Président du Conseil général du Finistère, « habiter sur une île, c’est un choix de vie ». Certes. Mais les îles sont utiles à tous…à condition qu’elles soient habitées par des résidents permanents. Aidées économiquement par la collectivité, elles conservent un fort attrait touristique qui profite à l’ensemble du littoral. Sans ses résidents permanents, l’île n’est plus qu’une zone de loisirs fragile, coûteuse et difficilement accessible. C’est parce qu’elle est un lieu de vie que l’île attire. L’archipel Molène-Ouessant bénéficie à tout le littoral du pays de Brest parce qu’il est habité à l’année, et non exclusivement par des résidents secondaires. Il bénéficie aussi à tout le littoral du pays de Brest parce qu’il participe grandement à son attractivité, à son image de marque.

Il existe une conclusion partagée entre les îliens, les élus qui les représentent et les pouvoirs publics: la survie des îles passe par le maintien de la population résidant à l’année et la consolidation des activités économiques, dans le respect de la richesse patrimoniale que les îles constituent. Il faut une politique publique appliquée aux îles en cohérence avec ce discours.

Consolider durablement la population résidente insulaire suppose le développement des services à cette population résidente. C’est d’abord à elle que doivent s’adresser les services.  Une destination touristique est un choix. Un choix à ne pas confondre avec un mode vie qui, lui,  représente un intérêt général pour une population bien plus importante que celle de l’île.

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