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Anne-Marie Kervern

Anne-Marie Kervern est allée à la rencontre de la commission d’enquête, vendredi 23 mars, en  mairie-annexe de Lambézellec à Brest. Elle a déposé au dossier d’enquête la contribution ci-dessous, dans laquelle elle explique son opposition à ce projet de route qui contredit les objectifs de plusieurs documents d’urbanisme et de protection du patrimoine foncier et écologique.

Adjointe au maire de Brest et conseillère communautaire, à ce titre j’ai été amenée à participer à la délibération du conseil communautaire de BMO, datée du 22 octobre 2010, par laquelle celui-ci a décidé à la majorité d’approuver le dossier préalable à la déclaration d’utilité publique et de demander l’ouverture d’une enquête publique conjointe. Dans la continuité du vote qui fut le mien lors de cette délibération, je ne suis pas favorable à la réalisation de ce projet routier, considérant qu’il convient de prendre au préalable la mesure de l’impact sur la circulation routière de la prochaine mise en service de la première ligne du tramway et de la réorganisation du service de bus qui va l’accompagner.

Concilier la lutte contre l’étalement urbain et la préservation des espaces naturels et agricoles urbains et périurbains (logique de la trame bleue et verte et du futur Schéma régional de cohérence écologique)

Je partage l’objectif affiché par Brest métropole océane qui consiste à lutter contre l’étalement urbain en deuxième et troisième couronnes en densifiant le tissu urbain à Brest et dans les autres communes de la communauté urbaine. Cet objectif s’impose dans une région comme la Bretagne qui sacrifie chaque année plus de 8.000 hectares d’espaces naturels et de terres agricoles à son urbanisation : zones d’activités, logements, routes, parkings…

Pour autant je considère que cet objectif n’impose pas de diminuer ce qu’il reste encore de terres agricoles et d’espaces naturels en zone urbaine et périurbaine, ce qui est malheureusement le cas dans le projet d’aménagement de la voie urbaine de liaison RD112 – RD205. L’alternative réside dans une requalification du tissu urbain existant à partir d’une réflexion sur l’utilisation des fonds de parcelles en zone pavillonnaire, la réaffectation de friches commerciales ou industrielles (à l’instar de ce qui va être réalisé dans l’opération exemplaire du Plateau des Capucins) et la construction ou l’extension de logements collectifs organisés autour d’espaces partagés de qualité.

D’ailleurs la préservation des espaces naturels et des terres agricoles en milieu urbain et périurbain est une nouvelle exigence formulée par le législateur dans le cadre de la loi dite « Grenelle II » de l’environnement, qui va devoir se traduire dans l’adoption, d’ici la fin de l’année 2012 ou au plus tard courant 2013, d’une « trame verte et bleue » au plan local et d’un Schéma de cohérence écologique au niveau de la Région Bretagne (article 121.1 de la loi n°2010-788 du 12 juillet 2010). Ce futur schéma régional vise « à préserver et restaurer les continuités écologiques ». Rappelons qu’en application de la loi il aura une portée juridique et devra être retranscrit dans les documents de planification (SCoT, PLU, SDAGE, SAGE…) et pris en compte dans les projets d’aménagement.

Autres éléments de contradiction entre ce projet routier et des documents d’urbanisme

De la même façon j’estime que le projet routier soumis à enquête publique, en incitant à l’accroissement du trafic automobile, est en contradiction avec les objectifs affichés dans plusieurs documents d’urbanisme ou documents d’orientation stratégique déjà adoptés par la Ville de Brest, Brest métropole océane et le Pays de Brest ou en cours d’élaboration:

–        le Schéma de cohérence territoriale (SCoT) du Pays de Brest, approuvé le 13 septembre 2011 et exécutoire depuis le 27 novembre. Un SCoT du Pays de Brest qui certes a inscrit « la réalisation d’une liaison nouvelle entre l’échangeur de Kergaradec et le Spernot (voie urbaine nord de Lambezellec) » dans les recommandations de son Document d’Orientations Générales (DOG), page 50, mais ce en contradiction avec l’objectif « d’augmenter la part des projets alternatifs à l’usage automobile et de mettre en oeuvre toutes les dispositions susceptibles d’améliorer la part modale des déplacements doux », page 69 du même DOG.

–        l’Agenda 21 de BMO,

–        le Plan climat-énergie territorial de Brest, auquel toutes les autres communes de BMO (dont Gouesnou), sauf une, ont décidé de s’associer.

Conclusion

Face à la crise de la biodiversité – phénomène inédit dans notre histoire – la priorité est de stopper au plus vite les dégradations irréversibles.

Le Restic est un espace qui participe à plusieurs fonctions écologiques majeures : eau, air, biodiversité. C’est un espace de respiration indispensable à une société de plus en plus urbanisée.

Aujourd’hui, c’est aux projets non écologiques de prouver qu’il n’était pas possible de faire autrement.

La loi Grenelle 1 a énoncé que « pour les décisions publiques susceptibles d’avoir une incidence significative sur l’environnement, les procédures de décision seront révisées pour privilégier les solutions respectueuses de l’environnement en apportant la preuve qu’une décision plus favorable à l’environnement est impossible à un coût raisonnable ».

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