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La décision de la Commission européenne d’assigner la France devant la Cour de justice de l’Union européenne pour son inefficacité dans la lutte contre la pollution des eaux, du fait des excès de nitrates, doit enfin permettre à la France de jouer la carte de la transparence dans un dossier où elle a trop souvent caché la vérité aux Bretons.

Cette décision est la résultante d’années de manquements aux règlements environnementaux et sanitaires. En effet, depuis 1991, la France refuse d’appliquer les directives européennes sur la protection des eaux et le Tribunal Administratif l’a condamnée à de nombreuses reprises pour « ses carences et manquements dans la mise en œuvre des réglementations nationales et européennes… en relation directe avec la pollution nitratée des eaux à l’origine des marées vertes ».

Encore récemment, dans une logique de « toujours plus », la loi de modernisation de l’agriculture de 2010 autorise de « lever les contraintes qui empêchent certains secteurs de se développer et décide le relèvement des seuils d’autorisation pour l’élevage industriel de 450 à 2000 porcs et pour la volaille de 30 000 à 40 000 têtes, dans le cadre de regroupement d’exploitation.

Il en va dans l’agriculture comme dans la finance, le libéralisme débridé conduit à des situations catastrophiques. Entre 2000 et 2010, avec la politique de concentration et d’intensification, on a perdu 15.000 agriculteurs en Bretagne. C’est autant de casse sociale et humaine dans les campagnes que chez les agriculteurs et leurs familles.

Surtout cette décision de la Commission européenne conforte l’idée qu’il faut modifier en profondeur le modèle agricole français afin d’éviter la pollution des cours d’eaux et les marées vertes. L’une des propositions que je porterai haut et fort lors de cette campagne législative, sera de construire un nouveau modèle agricole breton, respectueux des agriculteurs comme de la nature. J’agirai pour une réorientation de la PAC (politique agricole commune), pour la régionalisation et mutualisation des aides et un renforcement des mesures agro-environnementales.

Car aujourd’hui plus que jamais doit être traduit dans les politiques l’article 1 de la Charte de l’Environnement: « Chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de sa santé ».

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