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Bonsoir à toutes et à tous,

Merci d’être venus si nombreux pour cette première rencontre de campagne de l’Union démocratique bretonne pour les élections législatives du 10 juin 2012 sur la circonscription de Saint-Brieuc.

Elle s’inscrit dans cette année électorale qui verra le basculement du pays à gauche dès le printemps renvoyant Nicolas Sarkozy à son bling-bling parisien. C’est ce que nous voulons.

Vous le savez, l’UDB soutient Eva Joly au premier tour de la présidentielle et pour le second tour, l’UDB apportera son soutien à François Hollande. Pour l’UDB, battre la droite est une ardente obligation, pour autant nous disons à nos camarades de gauche et notamment à ceux du Parti socialiste, que la victoire durable de la gauche ne peut se faire sur un projet au rabais. Un projet fondamentalement alternatif est nécessaire, la gauche ne doit pas se renier, par contre elle doit se rénover en s’ouvrant à la fois à l’écologie et au régionalisme. Gauche – écologie – régionalisme – vous aurez reconnu le trépied de l’UDB.

Vous vous demandez peut-être pourquoi l’UDB présente 10 candidats à ces élections législatives sur les 5 départements bretons ?

Vous comprendrez que notre projet passe obligatoirement par un vrai changement à l’Assemblée nationale et que dans la construction d’une 6ème République la voix des territoires ne sera réellement entendue qu’avec des députés régionalistes complémentaires de leurs partenaires de gauche ou écologistes.

Oui les régions ont évidemment un rôle essentiel à jouer pour que la France assume enfin ce qu’elle est : le pays d’Europe le plus diversifié dans sa construction culturelle.

Les régions auront un rôle tout aussi déterminant pour que la France sorte de la nasse dans laquelle la financiarisation de l’économie l’a plongée. L’économie virtuelle comme on dit (mais ses conséquences ne le sont pas), a pu prendre ses aises parce que l’idéologie ultralibérale des Chicago Boys a réussi à convaincre depuis 30 ans le cercle des décideurs que le libre échangisme était le seul horizon pour répondre au mieux au besoin de l’homme. Résultat, aujourd’hui au XXIème siècle : 1 milliard d’êtres humains souffrent de la faim.

L’ultralibéralisme nous dit : il faut mettre tout le monde en concurrence avec tout le monde.

Cela ne marche pas ! Parce que la recherche a tout crin de la croissance du PIB s’accompagne de plus en plus de délocalisations, de la montée du chômage, de la précarité du travail, de la montée des inégalités sociales et d’un épuisement frénétiques des ressources naturelles.

Plus de 8 millions de personnes en France vivent sous le seuil de pauvreté ! Tous les ans, la destruction des forêts tropicales représente un quart de la surface de la France.

Non tout n’est pas marché ! Le capitalisme qui voudrait tout réduire à la loi de l’offre et de la demande nous conduit dans le mur.

Mais quelles sont les solutions me direz-vous ?

L’UDB ne prétend pas avoir l’alchimie miracle d’un monde soutenable, solidaire qui valoriserait l’initiative de tous pour booster le BIB – Bonheur Intérieur Brut – et respecterait la diversité culturelle des citoyens du monde.

Pourtant nous avons envie de partager une vision différente, un projet de société qui agit contre la crise économique, écologique et financière.

Tout d’abord je rappellerai notre attachement européen, mais pas à une Europe des marchés et de la libre circulation des capitaux… nous voulons une Europe à la fois forte et démocratique, une Europe qui régule, qui protège, qui aide… qui soit capable de dépasser les égoïsmes des Etats Nations. Cette Europe, elle ne peut être que fédérale. Une Europe des peuples et des régions solidaires.

Vous avez vu sur le carton d’invitation certaines thématiques mises en évidence, nous en développerons quelques-unes ce soir, la mise en place d’une République fédérale, l’écologie, l’emploi, le logement, les solidarités.

La démocratie française est malade… trop souvent, le lendemain d’élections, à la une des journaux, nous pouvons lire : Victoire de l’abstention ! Les jeunes et les plus pauvres ne votent pas… le Front national progresse. Ceux sont là des signes que nous devons prendre avec sérieux.

La France est un particularisme en Europe, le dernier bastion du centralisme du jacobinisme. Pour nous la révolution démocratique oblige à des réformes en profondeur.

Il faut mettre en place une république parlementaire et fédérale, il s’agit d’une nouvelle organisation de la république, simplifiée, efficace, solidaire, mettant fin au millefeuille administratif qui étouffe les initiatives par sa technocratie à tous les niveaux, mettre fin également au jacobinisme qui fait la part belle aux lobbies de tout poil et donne tout ou trop de pouvoirs à un seul homme, le président.

Vous avez sûrement remarqué que nos idées font écho : Régionalisation, réunification, suppression du département, Europe fédérale, autonomie énergétique, non cumul des mandats. Seulement voilà, nous ne lançons pas à la volée ces idées pour faire de la com. Depuis 50 ans l’UDB en plus des affiches, de la colle, et des pinceaux propose le ciment qui lie son projet et part du local au global grâce au principe de subsidiarité.

Vous allez me demandez si c’est du breton subsidiarité. N’eo ket evel just !

« Tout ce qui peut être accompli de sa seule initiative et par ses propres moyens par une collectivité de niveau inférieur ne doit être revendiqué par une collectivité de niveau supérieur sauf dans sa conformité avec le droit »

On rêve de cette France, dont l’Etat garderait et assumerait réellement ses fonctions régaliennes et qui en même temps responsabiliserait ses territoires.

Quelques chiffres : Aujourd’hui les régions allemandes « länder » gèrent plus de 40% des dépenses publiques quand les régions françaises n’en gèrent que 3%. L’Ecosse à un budget par habitant 20 fois plus important que celui de la Bretagne. Si vous vous rendez sur le site de l’UDB vous verrez qu’en plus de la réunification et le retour de Nantes en Bretagne, nous proposons une nouvelle organisation des régions de l’ouest, 4 régions fortes et pertinentes plutôt que 6 faibles aujourd’hui.

Pour la simplification de l’imbroglio institutionnel français, nous proposons dans le cadre d’une république fédérale appuyée sur des régions fortes et autonomes, la valorisation du couple commune – intercommunalité, avec une coordination à l’échelle du pays, le territoire de vie ; les compétences des conseils généraux étant réparties entre la Région et les intercommunalités. Plus largement, il s’agit de mutualiser, de développer les coopérations, de renforcer les initiatives locales et la participation citoyenne…

Pour l’UDB, ce nouvel élan démocratique doit aussi, renforcer les pouvoirs du parlement, limiter le cumul des mandats, mettre en place un statut de l’élu, permettre aux étrangers de voter aux élections locales

Attention on est bien loin de la réforme des collectivités votée en 2010, voulue par le gouvernement Sarkozy qui en plus d’être une remise en cause de la décentralisation privilégie les supers agglomérations, les métropoles, au détriment d’un aménagement équilibré des territoires.

Vous l’aurez aussi compris notre projet de 6ème république va bien au-delà de l’acte 2 ou 3 de la décentralisation évoqué par François Hollande. Et là, je voudrais dire à François : nous voulons tous le changement… du moins normalement. Mais, il faut être clair, le changement ne pourra pas venir simplement d’en haut, par une loi ou des décrets. Le changement il se construira avec le peuple, à la base, ensemble, tous ensemble… et c’est pour cela que le changement, le véritable changement oblige une profonde réforme de notre système démocratique.

Pour nous militants de l’UDB, une république fédérale, ne sera pas moins république, elle sera simplement plus démocratique.

L’élaboration du carton d’invitation en bilingue nous rappelle que la culture n’est pas « hors sol » qu’elle solidifie nos racines et nous incite à nous ouvrir aux autres. Elle constitue un rempart contre l’intolérance,  n’est-ce pas en Bretagne que le Front national fait ses plus mauvais scores?  J’en appelle à votre vigilance pour lutter contre la bête hideuse, la xénophobie dont la marine nous rebat les oreilles… car ce n’est pas en opposant les uns aux autres que l’on bâtira un monde de paix et une société de justice.

Ici, en Bretagne, cette identité se ressent dans l’esprit associatif breton, créateur de liens sociaux indispensables, des vieilles charrues à la plus simple manifestation locale, grâce à une nouvelle décentralisation, nous  participerons encore mieux à cette dynamique en créant une vraie valorisation du bénévolat.

Ecologie, aussi, car la planète souffre, se réchauffe…

 

Nous remercions les collègues d’Europe écologie – Les Verts pour leur soutien dans cette campagne.

La crise écologique frappe en premier les plus fragiles, en France en ce moment, c’est le coût du chauffage qui touche les plus modestes. On appelle cela la précarité énergétique. Dire que la cour des comptes vient de s’avouer incapable de mesurer le coût astronomique du démantèlement des centrales nucléaires et de l’enfouissement des déchets radioactifs. On ne peut plus faire supporter plus longtemps nos mauvais choix aux générations à venir. Moins consommer d’énergie, mieux isoler nos bâtiments et passer aux énergies renouvelables voilà la direction à prendre au plus vite. C’est aussi pour cela que nous soutenons le projet éolien offshore en Baie de Saint-Brieuc, après lutter contre le néfaste projet de centrale à gaz envisagé sur Ploufragan.

Le président de la République ne retient de l’Allemagne que les mesures libérales, nous préférons prendre d’autres exemples venant de ce pays.

Je vais vous lire un passage du Télérama de la semaine dernière. « Rien n’égale le développement durable dans les champs d’application des allemands. Dans ce domaine seul l’échelle du territoire avec celle de l’Europe fonctionne vraiment. Cela correspond parfaitement au système fédéral allemand alors qu’en France c’est malheureusement le niveau national qui domine remarque l’architecte français Dominique Gauzin Müller qui, installé à Stuttgart depuis des années, s’est spécialisé dans l’architecture éco responsable. Et que dire du rôle joué auprès du pouvoir par des lobbies industriels français EDF, Bouygues, Vinci…

De plus, Télérama consacre plusieurs pages au zéro atome, zéro pétrole que développe, ici en Bretagne, le pays du Mené en passe de réussir sa révolution verte grâce à la méthanisation, aux éoliennes, à l’huile de colza. Un bel exemple d’autonomie énergétique !

En termes de transport, pourquoi investir des milliards dans un nouvel aéroport à Notre Dame des Landes et ne pas organiser le trafic plus rationnellement sur Nantes, Brest et Rennes. On investirait alors dans les transports de proximité qui touchent les plus modestes, comme les liaisons ferrées de Bretagne Sud – Bretagne Nord, ou encore, aider les collectivités qui investissent dans les liaisons douces, l’accessibilité ou la gratuité?

Va-t-on encore maintenir longtemps un aéroport à Trémuson qui coûte 2000€ par jour? Et dont le nombre de passagers – 2700 en 2011- est inférieur à celui d’Ouessant.

Pour le logement, il manque 900 000 logements en France selon la fondation Abbé Pierre avec 9 millions de mal logés, et 700 000 sans domicile personnel. La hausse des prix à l’achat et à la location creuse les inégalités au détriment des plus modestes et en premier lieu, les jeunes et les locataires. Il faut plafonner les loyers (loi du miroir en Allemagne), respecter et faire respecter la loi SRU qui doit être appliqué partout, et même à Neuilly. Il faut  investir dans la rénovation et l’isolation pour moins consommer d’énergie et créer de l’emploi, densifier l’habitat pour loger décemment tout le monde et économiser les terres agricoles.

Un chiffre, le Danemark, a créé plus de 40 000 emplois, non délocalisables, entre l’amélioration du bâti et les énergies renouvelables, ces 10 dernières années. Le Danemark, c’est 5 millions d’habitants, la Bretagne avec la Loire-Atlantique, 4,3 millions.

Maintenant nous aborderons comme dernier sujet, les Solidarités.

Sur ce point, le bilan de Nicolas Sarkozy est des plus négatifs.

Après avoir engraissé les plus riches, concocté des niches fiscales, nourrit le système bancaire sans se donner le moyen de le contrôler… voici le temps de la quasi récession et bien sûr des mesures de rigueur ou plutôt d’austérité. La TVA sociale, merveilleuse invention pour faire payer à tous les égarements du système…

Il est décidément temps que ça change !

Autre point, concernant le système de soin : dans les années 2000, la France était citée comme le pays ayant l’un des meilleurs systèmes de santé du monde par l’Organisation mondiale de la santé, aujourd’hui il ne cesse de se dégrader et les inégalités d’accès aux soins s’accentuent.

La fermeture de nombreux hôpitaux publics qui n’a de but que de faire des économies, laisse place au système privé. On a vu qu’au sein du conseil Régional, l’UDB vient de voter contre le projet régional de santé, document technocratique, promu par l’ARS, agence régionale de santé, ne donnant aucune réponse à l’inégalité d’accès au soin, avec une prise en compte insuffisante de la politique de prévention. Aujourd’hui, nous disons : à quand un projet régional de santé géré par la région?

De plus, dans cette France dites des droits de l’homme, l’intégration, de la population réfugiée souvent stigmatisée est rendue de plus en plus difficile par une législation qui se durcit.

L’objectif de Guéant, n’est que d’expulser ! 30 000 expulsions par an, voilà le quota donné à la police. Voilà, le quota donné aux électeurs de Front national.

Est-ce cela notre vision de l’humanité ? Non évidemment, car en regardant nos arbres généalogiques on s’aperçoit que  nous sommes tous aller vers d’autres cieux ou venu d’autres terres à un moment donné, de Hongrie ou d’ailleurs…..

Ce soir je ne peux aborder tous les thèmes… nous aurons d’autres rencontres, nous organiserons des réunions publiques ou avec ma suppléante le projet – le programme de l’UDB sera décliné plus largement. Ce soir je veux conclure mon propos en disant ceci. En tant qu’enseignant, je crois en la jeunesse, je crois au rôle essentiel de l’éducation et je le pose comme un droit pour tous. Nous n’avons pas le droit au nom d’économies budgétaires de sacrifier la formation de nos jeunes et surtout encore une fois des familles plus modestes. Cette année encore des dizaines de postes d’enseignants sont supprimés, nous disons stop ! L’UDB sera de ce combat.

Merci à tous du soutien que vous apporterez le 10 juin prochain à ma candidature et à l’Union démocratique bretonne.

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