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Anne-Marie Kervern

http://www.faculte-lettres-shs-brest.fr/administration/public/media/pdf/454/FrancoAfff.pdf

Le vendredi 23 mars 2012, Anne-Marie Kervern s’est rendue à la faculté des lettres Victor Segalen de l’UBO, à l’invitation du Groupe de recherche sur les échanges et l’interculturalité (GREI) qui organisait une série de conférences sur le thème : « Vivre la francophonie, témoignages »

Une présentation du remarquable travail réalisé par l’ABAAFE (Association brestoise pour l’alphabétisation et l’apprentissage du français par les étrangers) a permis de mettre en valeur une vie associative au service de l’accueil des primo-arrivants (migrants dont Brest est la première ville d’accueil): 450 stagiaires, de 80 nationalités différentes, du niveau de l’alphabétisation au niveau d’entrée à l’université, accompagnés par 80 formateurs bénévoles, avec un vrai soutien de la Ville de Brest, du Conseil général du Finistère et du Conseil régional de Bretagne.

Estelle Tygréat donna un aperçu de son métier de formatrice « français langue étrangère » (FLE), au service d’un organisme de formation brestois (CLPS) qui accueille des stagiaires dans le cadre du Contrat d’accueil et d’intégration.

Le public, jeune, venu s’informer des réalités du FLE et de son lien avec une ambition culturelle nationale, la francophonie, découvrit avec stupeur que les enseignants formés dans cette discipline sont des travailleurs jetables, sans contrat lorsqu’ils travaillent pour les Alliances françaises à l’étranger, sans statut lorsqu’ils travaillent en France dans les organismes de formation accueillant des migrants primo-arrivants. Les intervenants du FLE-FLS (« français langue seconde » = français appris en tant que langue cruciale et déterminante pour la vie de l’apprenant) qui sont appelés à intervenir dans l’ensemble du système éducatif sont majoritairement des hors-statuts et des précaires, que ce soit dans le secteur public ou dans le secteur privé. Tout bénéfice pour l’Etat et les employeurs : pas de création de poste, pas de retraite, pas de congé de maternité ou de maladie, pas de congés payés…

Voilà une réalité que cachent certains candidats à la présidentielle qui préfèrent aborder la question des migrations de façon populiste et démagogique, dans le seul but d’attiser les passions et de glaner des voix. Pourtant, il est bien évident que la compréhension de la société  d’accueil est la condition première d’une intégration réussie dans le corps social.

Anne-Marie Kervern a apporté son regard sur le sujet :

« La francophonie, c’est un marché, l’enseignement du français langue étrangère, c’est un marché. Si vous enseignez dans un pays de forte demande où l’offre est faible, cela peut fonctionner…au cours du marché !

Mais voilà où le bât blesse : les vrais défenseurs de la francophonie, ce sont ces enseignants-formateurs prolétarisés au service de publics eux-mêmes sous-prolétarisés. Alors qu’ils rendent un véritable service d’intérêt général auprès des nouveaux arrivants, alors que le travail d’insertion qu’ils réalisent chaque jour est une condition indispensable de la cohésion sociale, ils sont soumis à la loi brutale du marché. Quand on sait que le statut de la langue est fondamental dans l’acquisition des compétences linguistiques, que dire d’un enseignement qui méprise ses enseignants à ce point ?

Qu’on ne s’y trompe pas : ces enseignants jetables ne sont que l’un des phénomènes de la précarisation de tous les secteurs d’enseignement et de la marchandisation accrue des produits d’enseignement : Si on laisse aller, c’est la totalité des enseignements de langues qui suivra.

Lutter contre cette précarisation est une question éminemment politique.

En tant que candidate à l’élection législative 2012, je veux :

  • un statut honorable pour les enseignants-formateurs de FLE-FLS, ce qui suppose que le CDI soit prépondérant dans les organismes de formation financés par l’Etat.
  • l’établissement d’un véritable droit à l’apprentissage de la langue française pour les migrants et leurs enfants : parce que la maîtrise de la langue française est la condition première d’une intégration réussie, parce que c’est la condition de l’exercice d’une citoyenneté pleine et entière, parce que c’est un moyen de lutter contre le communautarisme et enfin parce que c’est par la langue que les parents deviennent à l’école des interlocuteurs respectés.
  • une réponse à la hauteur de l’enjeu humain et social que représente la maîtrise de la langue du pays d’accueil, pour les enseignants, comme pour les apprenants ».

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